Documentaire « A la redécouverte de la caille »

4 décembre 2015 at 9 h 55 min

Nous avions annoncé voici déjà quelques mois dans une lettre adressée à l’ensemble des adhérents de l’association nationale des chasseurs de cailles (ANCC) qu’un documentaire de 52 minutes, entièrement consacré à la caille des blés, était en cours de réalisation (Auteur Aymeric Guillaume). Notre association s’est très largement impliquée dans ce projet, et de très nombreuses séquences (scènes de chasse, interviews) mettent en scène nos adhérents.
Il n’y avait quasiment aucun documentaire consacré à la caille des blés, et notre association ne peut que se féliciter du fait d’avoir contribué à la réalisation d’un reportage aussi complet, et surtout d’une telle qualité.
Après plusieurs mois de tournage étalés entre le printemps et le mois de septembre 2015, sa première diffusion à eu lieu le 07/12/2015 sur la chaine « Seasons ».
Pour tous ceux qui n’ont pas eu l’occasion de le voir un extrait mis en ligne sur youtube. Ce dernier montre d’ailleurs en introduction une scène de chasse sur les terrains de Mr Philippe Aribaud Damery, trésorier de l’association:

Petites particularités de sa chasse…

15 juin 2007 at 21 h 32 min

C’est, selon moi, la chasse par excellence pour l’amateur de chiens d’arrêts.
Le chasseur progresse dans les chaumes, tout en admirant ses chiens en train de quêter. C’est le contraire même de la chasse à la bécasse ou l’on devine le travail du chien plus qu’on ne le voit vraiment….
La chasse de la caille, c’est avant tout le plaisir des yeux. Ici aucun obstacle pour gêner le regard du chasseur, qui ne rate pas une miette du spectacle. C’est une chasse plaisir, qui rappelle dans les zones ou la caille est encore abondante, ce que furent les chasses d’autrefois sur un gibier encore authentique et sauvage. Pas besoin de courir les remises: tout est là à portée de main dans un même champ. Sous les yeux de leurs propriétaires les chien multiplient les arrêts, les patrons. Un plaisir qui se renouvelle sans cesse…
Les esprits chagrins diront que ce n’est pas la chasse la plus difficile, et c’est vrai qu’il y a beaucoup d’oiseaux mythiques plus difficiles à tirer. Comme s’il n’y avait de plaisir qu’à chasser dans la difficulté, au milieu des broussailles impénétrables et sous les pluies de décembre…
Jean Castaing écrit: « S’il est en effet des gibiers qui se tirent plus qu’ils ne se chassent, plaçant presque tout le plaisir du chasseur dans le coup de fusil, la caille est par contre de ceux dont la chasse proprement dite, c’est à dire sa recherche et sa découverte, donne plus de joie que le tir (…). »
Chasser la caille, c’est une sorte de récréation pour chasseurs hédonistes, dans un monde cynégétique de plus en plus gris, ou l’on est pas sûr de lever un oiseau à chaque sortie.

lithographie de A godard

Par bien des aspects, la chasse de la caille à son originalité propre, et ne ressemble pas forcément à celle d’autre gibier.
Cela est différent par exemple de la chasse des perdreaux gris, ou du faisan, ou après le passage du chien on considère le terrain comme exploré…
On doit laisser les chiens prospecter calmement le terrain. Ces derniers doivent effectuer plusieurs passages afin de trouver les oiseaux. Comme d’autres gallinacés, les cailles sont capables de rétention d’odeur. A cela s’ajoute la chaleur qui ne facilite pas les choses, car les odeurs s’évanouissent rapidement.
Il faut donc progresser lentement, méthodiquement et parcourir une, ou même deux heures durant le même champ lorsqu’il s’agit d’un chaume assez vaste.
Même en agissant comme cela, et aussi bon que soit le chien, on laisse presque fatalement des cailles derrière soi.
Ne pas hésiter à repasser quelques dizaines de minutes plus tard dans un même champ suite à une petite averse qui a soudain rafraîchi le terrain.
Le rôle des chiens, autant que celui de la météo est déterminant. On peut passer avec un mauvais chien dans un champ littéralement infesté de cailles sans qu’il en arrête une. Un très bon chien peut également échouer pour peu que les conditions météo ne soient pas favorables.
Le résultat dans les deux cas est le même: les cailles s’envolent par vos pieds…
Les meilleures heures se situent les jours de grosses chaleur du mois d’août et de septembre, entre sept heures et huit heures trente. Vers 09 heures, avec la montée de la chaleur et la disparition de la rosée, les conditions déclinent… Autant rentrer.
Vers 19 heures, on peut effectuer une autre tentative avec la fraîcheur du soir. Les conditions sont souvent moins favorables que le matin, qui reste le meilleur moment.

Les lâchers de cailles, c’est interdit!

15 juin 2007 at 21 h 30 min

Il faut le rappeler: l’élevage, la détention, et la commercialisation de la caille des blés, considérée comme gibier de passage, sont strictement interdit en France (cf. arrêtés ministériels des 28/02/1962 modifié pour l’élevage, 17/04/1981 modifié, 20/12/1983 modifié et 12/08/1994 pour la commercialisation).
De même, la caille japonaise (la caille de chair que l’on trouve dans les marchés et sur les étals) ne doit pas faire l’objet d’actes de chasse ou de lâchers (art.L411-3 du code de l’environnement).
Cette interdiction est due au risque de croisements entre les cailles japonaises et les cailles de blés sauvages, pouvant aboutir à terme à la disparition des cailles migratrices (voir article « Cailles japonaises: les dangers de l’hybridation », rubrique « Quelques mots sur sa chasse »).

Les chasseurs qui enfreignent cette réglementation et qui utilisent des cailles japonaises, ou des hybrides, comme cailles de tir encourent des poursuites judiciaires.
La caille japonaise n’appartenant pas à la liste des oiseaux considérés comme gibiers, le simple fait de la chasser peut être être considéré comme un mauvais traitement, ou même un acte de cruauté envers un animal domestique.

De nos jours, il est encore quasi systématique de voir des dresseurs professionnels utiliser, en toute illégalité, des cailles pour le dressage des chiens (elles sont bien souvent importées d’Espagne, ou l’élevage des cailles de tir reste malheureusement, autorisé).
Ne parlons pas des chasses commerciales qui, sous prétexte que leur terrains sont clos, continuent de pratiquer, en toute illégalité, des lâchers de « cailles de tir » (en réalité des hybrides).

Faites un geste pour les cailles sauvages: n’achetez pas ces pseudos cailles de tir, et surtout, n’en relâchez jamais dans la nature.
Il n’y a pas d’erreur possible:Les lâchers de cailles, quels qu’ils soient, sont strictement interdits!

Quelques ruses…

15 juin 2007 at 21 h 25 min

La saison de la chasse de la caille est très brève. C’est une chasse d’été qui ne dure que l’espace de quelques semaines, le temps de la migration, entre la fin du mois d’août, et le début du mois d’octobre. La chaleur est souvent présente à cette période de l’année et rend particulièrement difficile le travail des chiens. Ils éprouvent souvent de grandes difficultés à localiser des oiseaux de petite taille sur les sols secs.
Les deux principaux moyens de défense des cailles face aux chiens d’arrêts consistent à piéter ou à se blottir. Elle courent entre les rangées d’herbes, dans lesquelles elles laissent leur odeur, tout en entrelaçant leur piste afin de désorienter les chiens. Il n’est pas rare qu’elles tournent autour d’eux, et même parfois autour du chasseur. La caille ne s’envole qu’en dernier recours, quand on s’y attend le moins…
En introduction du chapitre sur la caille des blés, dans l’ouvrage « Anthologie du petit gibier », Jean Jacques Brochier écrit à ce sujet: « La caille ruse, tourne, piète, revient, se coule dans l’herbe verte (…), et le chien le plus patient finit, parfois, par se lasser. Il faut des chiens d’arrêt qui chassent nez au vent; s’ils suivent à la trace, ils deviendront fous au milieu de tous ces lacets. J’ai vu une fois une caille, qui avait plusieurs détours d’avance sur le chien, lui passer entre les pattes, sous le ventre, sans qu’il s’en rende compte, tout obsédé qu’il était à débrouiller l’écheveau. »
Une fois bloquées, elles tiennent généralement bien l’arrêt. Celui ci peut d’ailleurs durer plusieurs minutes (contrairement a certaines inepties que l’on peut entendre -ou lire- ici ou la..).
Même à l’arrêt des chiens, il est difficile de les distinguer au sol en raison de l’excellent mimétisme de leur plumage.

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Elles mettent quelquefois ce temps à profit pour tenter de s’échapper. Souvent après avoir couru 15 ou 20 mètres, elles se lèvent brusquement. Le temps d’épauler, les voici presque hors de portée…
Elles se lèvent seules, parfois en groupe (souvent des nichées). Leur vol est généralement assez bas et rectiligne. Elles ne dédaignent pas à l’occasion faire de petits crochets, surtout lorsqu’il y a du vent.
Une fois levées, elle vont se réfugier habituellement dans les récoltes qui jouxtent le champ ou elles se trouvent (tournesol, mais, etc..). Il est parfois assez difficile à cause de cela de les relever.
Les cailles effectuent à l’occasion des « sauts de crapaud » tout comme les bécasses. Il s’agit de petites envolées « tactiques » et silencieuses. Cela se produit le plus souvent lorsque le chien est occupé à démêler leur piste dans les herbes, et que son attention est attirée ailleurs. La caille en profite pour se lever en voletant, et va se poser sans bruit, quelques mètres plus loin pour l’égarer.
J’ai constaté à plusieurs reprises que les cailles sédentaires de fin de saison, qui avaient été maintes fois levées (et ratées), devenaient de plus en plus difficiles à chasser. Elles finissaient par se lever seules, plus de cinquante mètres devant les chiens, rien qu’à leur seul bruit, ou à celui des chasseurs,(et donc largement hors de portée de tir). Ces perdrix sauvages miniatures avaient sans doute compris que leur seul moyen de salut était la fuite…

Retention d’odeur ?

15 juin 2007 at 21 h 24 min

La rétention d’odeur est un phénomène controversé, et finalement assez peu abordé dans la presse cynégétique. Il s’agirait d’un mécanisme de défense, adopté par certains oiseaux, consistant à retenir les émanations face à un prédateur (et notamment à un chien d’arrêt). On admet que certains gibiers, comme la bécasse, adoptent couramment ce genre de comportements. C’est en réalité un phénomène beaucoup plus large qui concerne également les perdreaux, mais aussi les cailles.
Jean Castaing aborde très prudemment ce sujet dans un article intitulé « Quand le gibier perd son odeur », publié en septembre 1969 dans « Le chasseur Français ». Il définit ce phénomène, qu’il ne tient pas pour absolument certain, bien que constaté par bon nombre de chasseurs au chien d’arrêt .« Il s’agit du fait que des chiens ayant fait amplement preuve de leurs qualités et confirmés sur le gibier qu’ils chassent, détectent la présence d’un tel gibier par leur manière habituelle, le mettent à l’essor, et au point de chute ou de pose du gibier, ces chiens ne retrouvent rien, ne sentent rien, alors que ledit gibier s’y trouve, ainsi que le constatent les chasseurs.(…)»
Ce dernier illustre son propos de quelques exemples concernant la chasse de la caille. Le scénario est bien souvent le même: la caille est arrêtée par le chien. Après avoir été levée dans un chaume, cette dernière soit parce qu’elle est à été manquée, soit parce qu’elle n’a pu être tirée, va se reposer plus loin. Malgré le fait que le chasseur ait exactement repéré le point de pose de l’oiseau, le chien ne parvient pas à le retrouver et à l’arrêter. Cela arrive également quant un oiseau, après avoir été tiré, tombe « comme une pierre », et que le chien, malgré ses efforts ne parvient pas à le retrouver.
Jean Castaing conclut plus loin que ce genre de mésaventure se produit souvent par temps ce chaleur, « et est souvent imputée à la sécheresse, à la chaleur , à la pluie, à l’insuffisance de nez du chien ».

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Même si ces explications sont parfois satisfaisantes, il arrive aussi que ce phénomène ait lieu par temps normal, et avec un chien expérimenté de surcroît, ce qui entraîne quelques interrogations supplémentaires.
Certains auteurs émettent l’hypothèse qu’en raison de l’augmentation de la pression de chasse, et des profonds changements causés par l’agriculture moderne dans les paysages, le gibier à radicalement modifié au cours du siècle dernier ses tactiques de défense.
Robert Flament-Hennebique relève notamment dans son ouvrage, « le poil de la bête », qu’avant 1925 le gibier était « facile » et souligne de très nets changement dans le comportement des perdrix grise. Cela serait dû selon lui au brusque passage d’une polyculture traditionnelle, avec ses assolements et ses haies, à l’agriculture moderne actuelle et ses grands espaces, obligeant le gibier à adapter son mode de défense. Ces modifications de comportement sont également souvent décrites concernant la perdrix rouge, que l’on dit beaucoup plus piéteuse qu’autrefois, et aujourd’hui quasi inabordable pour les chiens d’arrêt sur des reliefs accidentés.
En est-il de même pour la bécasse et la caille avec la rétention d’odeur?
Les écrits de certains chroniqueurs cynégétiques du 19eme siècle, et même du début du 20eme siècle, m’ont souvent surpris. Beaucoup d’auteurs expliquent qu’il n’est pas grave de rater une caille, car on est presque toujours assuré de la retrouver et de la relever. Cassasolles écrivait, par exemple, à propos de la caille: « Elle remise à peu de distance et est très facile à retrouver. »
J’ai souvent constaté, pour ma part, que les cailles manquées essaient, quasi systématiquement, de se remiser dans les récoltes les plus proches, ce qui exclut dans la grande majorité des cas tout espoir de les relever, la chasse dans les récoltes étant bien entendu interdite. Même lorsque la caille se pose à découvert, dans un chaume, le chien à souvent beaucoup de mal à la relever de nouveau.
La très grande fréquence de ces affirmations, qui contredisent complètement ma propre expérience de ce gibier, et celle de nombreux chasseurs spécialisés, me font penser que l’espèce a progressivement modifié son comportement au cours du 20eme siècle, probablement en raison du développement de la chasse au chien d’arrêt.
Il n’est pas irrationnel de penser que les cailles qui avaient recours à la rétention d’odeur ont plus facilement survécu, et qu’elles ont transmis par la suite à leur progéniture cet instinct. Jean Castaing écrivait déjà en 1955 à propos de la caille: « Je ne sais pas s’il existe un gibier mieux doué de la faculté de devenir inodorant quant il est tiré et manqué ou simplement contraint d’abandonner son domicile. Reposée à moins de cent mètres, à découvert, sur terrain ras, la caille est bien souvent irretrouvable. »

Quelle race de chien utiliser pour la chasser?

15 juin 2007 at 21 h 22 min

La chasse de la caille peut se pratiquer avec presque toutes les races de chiens. Certains utilisent avec succès des chiens leveurs de gibier (type cocker par exemple) ou des labradors qui sont parait il assez efficaces, et ne laissent pas le temps à la caille de déployer ses ruses. J’ai même vu quelques chasseurs utiliser leurs chiens courants, ou même des chiens de terrier, pour les lever.
La plus belle chasse (c’est en tout cas mon avis) se fait à l’aide de chiens d’arrêts. Il en existe une multitude de races, qui peuvent toutes convenir à la chasse de la caille, même si le braque français et l’épagneul breton sont les races les plus citées.
On dit souvent que pour cette chasse il faut utiliser des chiens lents, dotés d’une quête très restreinte.
Dans un remarquable article intitulé « Cailles et chiens de cailles » Jean Castaing écrit à ce sujet « On a dit et écrit souvent qu’un chien de caille est un chien de petits moyens: petite quête, petit nez; on prétend même que cette chasse gâte les meilleurs chiens, notamment en les incitant à pister, à porter le nez bas, ce qui leur ferait perdre le goût, et même les moyens de rechercher l’émanation directe. Ce sont là des slogans émanant de chasseurs n’ayant pas vraiment chassé ce gibier, ou se basant sur des principes faux conçus par des théoriciens en chambre. »

braque français en arrêt sur cailles

L’utilisation de chiens continentaux à quête très courte à pour inconvénient d’obliger le chasseur à monter et à redescendre continuellement le champ. Découper un chaume tranche par tranche peut être long, voire fastidieux.
Cette remarque n’est toutefois valable que pour certaines races de chiens continentaux, ou des sujets peu entreprenants. De nombreux chiens continentaux issus de la sélection des fields, ont une rapidité et une ampleur de quête comparable à celle des setters ou des pointers…
Le principal avantage d’une quête très courte est d’offrir à tout moment au chasseur la possibilité de tirer les oiseaux levés, même accidentellement, par son chien.

Par opposition, les chiens britanniques (mais aussi les continentaux dotés d’une quête moyenne) permettent d’explorer plus rapidement un champ dans sa globalité. Quitte à effectuer par la suite plusieurs passages, en insistant sur les bordures de champ que l’on sait être favorables.
Il y a bien sûr une légère part de risque: il arrive parfois que des cailles s’envolent hors de portée… Quant aux cailles arrêtées, pour peu que le chien sache garder ses distances, l’expérience m’a montré que dans la majorité des cas on a largement le temps d’aller les servir.
Il est vrai en revanche que certains chiens à la quête très rapide et étendue posent problème et ont beaucoup plus de mal à « accrocher » les oiseaux. Ils arrêtent à peine 20 pour cent des cailles présentes, quand d’autres en arrêtent 80. Un simple problème d’entrainement selon certains… Comment expliquer alors la médiocrité persistante de certains chiens malgré leur mise en présence avec des centaines d’oiseaux? Certains d’entre eux -lorsqu’ils sont intelligent et très chasseurs- s’adaptent et réduisent d’eux même leurs allures, dès qu’ils abordent un chaume ou ils ont déjà rencontré des cailles. Il arrive également, et la c’est malheureusement rédhibitoire, que cela provienne d’un manque de qualité de nez.
Le problème provient très certainement des excès de la sélection des field trial et de la perpétuelle recherche de vitesse des éleveurs, mais aussi d’une sélection à sens unique sur la puissance de nez.
Cette dernière, tant recherchée par les éleveurs, n’a rien à voir avec la finesse de nez, ou le « nez d’été », à savoir la capacité d’un chien à trouver du gibier sur des sols desséchés ou par grande chaleur.
Voila pourquoi un bon chien sur perdreaux ne fera pas forcément un bon chien sur cailles… Il vaut mieux donc, si l’on a l’intention de chasser régulièrement cet oiseau s’en tenir à des chiens (qu’ils soient britanniques, ou continentaux) dotés d’une quête moyenne et issus de parents dotés de qualités olfactives adéquates.

braque à l'arrêt sur cailles

L’efficacité au final entre chiens britanniques et continentaux est à peu près identique, et les deux choix restent tout à fait respectables… Le plus important est de choisir une bonne souche au sein de la race choisie (et c’est de loin le moins évident!)
La fragilité de la caille impose des chiens dotés d’une dent douce, sans quoi ces derniers transforment les oiseaux en charpie. Les chiens à la dent dure ont souvent tendance à avaler la caille qu’ils ont abîmé…
Après, c’est le talent individuel du chien qui prime, et le fait qu’il soit mis fréquemment en présence de ce gibier…
Il faut avant tout des chiens très chasseurs, ayant une grande finesse de nez, particulièrement sur sol sec comme c’est le cas à la fin de l’été… Il faut laisser le chien diriger lui même sa quête, et ne pas l’obliger à quêter en lacets réguliers, droit devant lui. Il doit avoir la possibilité d’effectuer si nécessaire des retours en arrière.
Tous les chiens ne sont pas également bons face à ce gibier: il y a des chiens « à caille », au même titre qu’il y a des chiens « bécassiers ».

setter gordon à l'arrêt sur caille E.bellecroix Down

Le choix d’un chien destiné à la chasse de la caille est plus difficile, car il n’existe pas de lignées établies, ce gibier étant dédaigné par les instances cynophiles. L’amateur devra sélectionner lui même ses chiens et bâtir sa propre souche. Il faudra faire preuve de prudence: un chien qui arrête quelques cailles d’élevage chez un dresseur n’est pas une garantie. Mieux vaut choisir un chien provenant de chez un chasseur local, et issu de parents créancés sur cailles sauvages.
Les qualités du chien à caille peuvent être résumées par cette autre citation de Jean Castaing, malheureusement prophétique quant à l’avenir du chien d’arrêt (elle à été écrite en 1961) « Les aptitudes d’un bon chien de cailles ne sont pas celles qui sacrent les grands champions conventionnels; mais si elles sont différentes, elles n’en sont pas moins de grandes qualités, et elles sont plus rares. (…)Les chiens d’arrêt tendent de plus en plus vers une standardisation de leurs moyens qui rendra bientôt illusoire la différenciation de leurs races. C’est en spécialisant des familles de chiens dans des fonctions particulières que l’on maintiendra la raison d’être de leurs races; au lieu de considérer comme des parents pauvres les chasseurs de cailles et leurs chiens, il faut leur rendre hommage: ils maintiennent la tradition de la chasse française et préservent le chien d’arrêt de l’uniformité. »

Un oiseau facile à tirer?

15 juin 2007 at 21 h 20 min

Parmi les citations concernant le tir de la caille, l’une des plus célèbres est sans doute celle d’Elzear Blaze dans « Le chasseur au chien d’arrêt »:
« C’est le gibier qu’on approche et qu’on tue avec le plus de facilités. Sur trente cailles qu’il tire, un chasseur expérimenté doit en tuer vingt huit, s’il n’en tue pas trente. »
Cette citation de Blaze est tout à fait exagérée, et à été très critiquée à son époque. Suite à la publication du livre en 1836, un pari avait même été lancé. Un journal de chasse promettait la somme de mille écus à celui qui abattrait 12 cailles de suite. La chose ne devait pas être si aisée, même à l’époque, car ce pari ne fut jamais relevé…
Certes, le tir de la caille n’est pas comparable à celui d’autres oiseaux « mythiques » comme la gélinotte, la bécassine ou la bécasse, et l’on peut réaliser parfois de belles séries.
La caille est un oiseau qui se « manque » très bien: son tir demande de bons réflexes d’autant plus que l’envol est soudain, rapide, et la cible petite… Il arrive assez fréquemment de voir des cailles effectuer des départs enroulés, ou des zigzags. A. D’Houdetot remarque à ce sujet: « (…)Elle rase le sol et se permet parfois certain petit crochet qui ne serait pas désavoué par une bécassine de profession. »
Joseph de la Vallée écrit également: « Il est d’ailleurs des circonstances qui rendent le tir de la caille fort difficile; si le vent est violent, la caille part rapidement, rase la terre, fait des crochets, et en pareil cas les professeurs eux même jettent du plomb au vent. » Ce dernier conclut plus loin à propos de la caille:« (…)Il est encore très permis de la manquer; mais nous avons tous beaucoup de mémoire pour les pièces que nous avons abattues, tandis que le moindre vent emporte le souvenir des coups que nous avons manqués. »
Selon la plupart des auteurs cynégétiques, on les manque, presque toujours, parce qu’on tire trop bas. Un dicton concernant le tir de la caille existe d’ailleurs: « Haut la caille ou rien à faire; sous le ventre c’est la terre. » Cela veut dire qu’il faut tirer légèrement au dessus de l’oiseau pour bien le « couvrir » lorsqu’il part en queue (ce qui est très souvent les cas).

chasse à la caille

La caille vole rarement plus de 200 ou 300 mètres. Par sa couleur, elle se confond à merveille avec la végétation survolée (chaumes, friches…). Pas facile de la distinguer parfois, surtout au lever du jour!
Les cailles cherchent assez systématiquement l’abri des récoltes sur pieds, pour peu qu’il y en ait à portée d’aile, ce qui exclut de les relever une seconde fois dans 80 pour cent des cas, hormis dans de grands chaumes. Elles n’en ressortiront qu’une fois tout danger écarté…
Petit détail, qui à sont importance… Le rechargement doit être quasi immédiat après les tirs. Il n’est pas rare en effet que d’autres cailles se lèvent en décalé… C’est râlant lorsque le fusil est vide! une fois acquis, ce petit réflexe rend souvent service.
La caille est un oiseau à la chair délicate, voire fragile. Il faut donc éviter à tout prix de l’abimer lors du tir, qui ne doit pas s’effectuer de trop prés (c’est à dire à moins de 15 ou 20 mètres). Il est conseillé évidemment d’utiliser du petit plomb (entre le No 12 et le No 9, le No 10 étant le plus fréquemment employé).
L’utilisation de munitions ordinaires (bourres à jupes), voire même de cartouches type ball trap s’avère tout à fait suffisante.

Quelques chiffres pour terminer… Dans son ouvrage « Bécassines et perdreaux », publié en 1951, Gaston Rambaud consacre un chapitre aux records de chasse. Autre époque ou le bon chasseur était celui qui tuait le plus de gibier possible, et n’hésitait pas à s’en glorifier…
Il écrit à propos des cailles: « Cinq fusils ont tué 980 cailles à Siguenza (Espagne), il y a quelques années, dans une journée de chasse. A Port Elizabeth (Colonie du Cap), M.W Armstrong a tué 564 cailles en 12 heures et demie de chasse réparties sur quatre jours consécutifs ».

Le tir de la caille: quelques conseils

15 juin 2007 at 21 h 15 min

Je dois le confesser, n’étant moi même qu’un tireur très moyen, il m’arrive assez régulièrement de manquer des cailles. Je ne me voyais donc pas en situation de donner aux autres les conseils que je n’avais pas su moi même appliquer.
Ce genre de recommandations étant malgré tout utiles la veille d’une ouverture, la saison de la caille étant assez courte, j’ai préféré m’en remettre à des auteurs cynégétiques plus compétents et expérimentés que je ne le suis. Au cours de mes lectures, j’ai trouvé un vieil article consacré au tir de la caille (1). Les conseils donnés par l’auteur, Robert Guinot m’ont paru assez bons, et malgré le temps écoulé (ils ont été écrits en 1946) toujours d’actualité. Aussi ai-je retranscris ci dessous l’essentiel de l’article.
(…) La caille se tire avec du petit plomb, No 8 et 9, dans tous les calibres: la gerbe est ainsi plus « garnie », ce qui n’empêche pourtant pas, assez souvent, de manquer ce gibier… C’est que le vol de la caille, bien que n’étant pas soutenu, est extrêmement rapide: l’oiseau part toujours de très près, mais, après un ou deux crochets de départ, il file en ligne droite à une grande vitesse, et c’est ce qui fait que souvent, on « met derrière ». Il faut, comme principe fondamental, laisser tout d’abord l’oiseau prendre une distance suffisante pour que le coup de fusil ne serre pas trop: 25 à 30 mètres sont une bonne moyenne. Si la caille part devant vous, filant directement vers l’horizon, montez légèrement le canon du fusil jusqu’à ce que vous ne voyiez plus l’oiseau: à cette seconde précise, serrez le doigt. La caille est couverte et reçoit la majeure partie de la charge. Quant une caille vous part en travers, il ne faut pas la suivre avec votre fusil, mais le porter à une distance d’environ un mètre, en avant d’elle et, pour ne pas tirer trop bas, vous faites comme précédemment, c’est à dire que vous relevez le canon, de manière, si vous voulez, que la ligne fictive de tir passe à un mètre en avant de la caille, et à 0.25 mètres environ plus haut que sa ligne de vol. Vous êtes certain, en agissant ainsi, que l’oiseau arrive directement dans la gerbe de plombs et vous n’en manquerez que très peu. Il y a enfin une question sur laquelle j’insiste: beaucoup de chasseurs nerveux au moment du départ du gibier, donnent un coup de doigt trop violent en serrant la détente: comme conséquence, le canon fait un très léger mouvement de haut en bas, mais presque toujours suffisant pour baisser le coup et manquer la pièce. Il faut serrer progressivement le doigt sur la détente, sans à coup, de manière à maintenir votre fusil dans sa ligne primitive de visée: ce n’est qu’en réunissant toutes ces conditions que vous deviendrez rapidement un bon tireur. (…) »

R.Guinot

(1) -Revue Rustica No 27, 07 juillet 1946, Article « Le tir de la caille » de Robert Guinot, P.272

Une chasse dangereuse

15 juin 2007 at 21 h 10 min

La chasse à la caille est une des plus dangereuse qui soit: les oiseaux volent en effet dans la plupart des cas à hauteur d’homme (un à deux mètres). Il ne faut donc pas se laisser aveugler par le tir et rester prudent…
Les accidents n’étaient pas rares, déjà à l’époque… La plupart des auteurs cynégétiques du 19ème et du 20ème siècle, lorsqu’ils abordent le tir de cet oiseau, nous mettent systématiquement en garde.
Leurs avertissements restent encore valables de nos jours…
Eugéne-Louis Blanchet écrit notamment: « Le tir de la caille est, je crois, le plus dangereux qui existe. Elle se lève, vole à hauteur d’homme, et presque toujours en tournant autour du chasseur. Malheur au tireur droitier qui ferme l’oeil gauche lorsque l’oiseau tourne dans ce sens. Le champ visuel précédant la caille est aveuglé et le plomb peut atteindre en plein l’ami qui chasse avec vous ou le cultivateur que vous venez de croiser. Jeune chasseurs, apprenez à tirer les yeux ouverts. »
Cette gravure, tirée du « Petit Journal » illustre un triste fait divers, survenu à la suite d’une partie de chasse à la caille en septembre 1900. Bilan: un enfant tué, et un autre blessé à la jambe.

Terrible accident de chasse

Les prélèvements de cailles en France

15 juin 2007 at 21 h 07 min

La chasse de la caille est pratiquée dans cinq pays de l’Union européenne: France, Espagne, Grèce, Italie et Portugal. Sa chasse est interdite dans tous les autres pays .
JC Guyomarc’h l’un des spécialistes mondiaux des l’espèce estime les prélèvements dûs à la chasse dans l’union européenne à 2 152 000 individus. On peut toutefois remarquer qu’à lui seul le tableau espagnol représente 60 % de ce total.

cailles au printemps

Les dates d’ouverture de la chasse de la caille en France sont souvent trop tardives dans de nombreuses régions, et ne permettent pas de les chasser lorsqu’elles sont encore présentes. Dans plusieurs départements ces dates correspondent à l’ouverture générale qui a lieu parfois fin septembre!
Une étude datant de 1999 montre qu’au cours de cette saison la seulement 7,4 pour cent des chasseurs français ont prélevés des cailles, avec une moyenne de 3,1 oiseaux chacun (soit un total de 340000 oiseaux). Cela place la caille au 14eme rang des espèces prélevées en France, soit à peine 1 pour cent du tableau national.
Comment s’en étonner lorsque certains chasseurs doivent attendre l’ouverture générale à la fin du mois de septembre pour pouvoir les chasser? Il est évident qu’à cette période la, la migration touche à sa fin, quant elle n’est pas terminée dans de nombreux départements.
Le problème a en partie été résolu dans certains départements du sud de la France grâce aux dates spécifiques d’ouverture de la chasse à la caille (dernier week-end d’août), qui permettent de la chasser dans de bonnes conditions. Les chasseurs qui y participent sont tenus de remplir des carnets de prélèvements. Il est toutefois dommage qu’aucun PMA (prélèvement maximum autorisé) n’ait été instauré concernant la caille.
On peut malheureusement regretter la diminution de cette espèce sur l’ensemble du territoire depuis les années 50 en raison du machinisme agricole et des traitements phytosanitaires. Même dans les endroits ou les oiseaux semblent encore abondants, les effectifs n’ont plus rien à voir avec ceux du début du siècle. Les différentes études réalisés par L’ONFCS au cours des saisons de chasse 1974-1975, 1988-1989, 1998-1999 montrent une baisse continue des prélèvements. Entre 1974 et 1998, les prélèvements ont été réduits par 4, voire davantage (de 104500 oiseaux prélevés en Haute Garonne en 1974-75 à 24900 en 1998-99).
Cette citation d’Eugène Blanchet (« Queue, tête, Pan! ») laissera plus d’un chasseur rêveur: « Hélas, à quoi attribuer leur absence à l’ouverture depuis un certain nombre d’années? Il y a dix ans encore (vers 1940), je me rappelle un tableau de quarante-deux cailles le lundi de l’ouverture. » Les quelques chasseurs spécialisés ne peuvent aujourd’hui espérer pratiquer de tels prélèvements que sur l’ensemble d’une saison.
Il faut cependant préciser que même si les effectifs de caille tendent globalement à diminuer, ces derniers varient énormément d’une année sur l’autre. Ainsi beaucoup de chasseurs se souviennent des saisons 1997-1998 et 2005-2006 comme des années record en densité de cailles. Ces années exceptionnelles sont parfois suivies de crûs très médiocres. On semble assister ces dix dernières années à une stabilisation, voire à une légère remontée des effectifs. Est ce dû à la disparition progressive des produits phytosanitaires les plus agressifs?

En France les meilleures densités se trouvent sur la rive gauche de la garonne.
C’est en Haute garonne (Lauraguais) que s’effectuent les plus grands prélèvements en France (24900 oiseaux prélevés en 1999). D’autres départements voisins comme le sud du Tarn et Garonne (14000 oiseaux prélevés), le Lot et Garonne (14300 oiseaux prélevés), le Gers (18600 oiseaux prélevés), les Hautes Pyrénées (16200 oiseaux prélevés) bénéficient également de bonnes densités. A noter les département de la Drôme (14100 oiseaux prélevés), des Charente (14700 oiseaux prélevés),et surtout la Charente maritime (20000 oiseaux prélevés), qui se situe en seconde position en matière de prélèvements au niveau national. Localement, certaines zones de moyenne montagne peuvent également être favorables. Les herbus du Mont Saint Michel sont également connus depuis de nombreuses années pour leurs très bonnes densités en caille des blés.

On peut regretter qu’il n’existe pas à l’heure actuelle d’étude globale plus récente, et plus détaillée des prélèvements. Les dernières études effectuées par l’ONFCS ont été pratiquées avec 10 années d’écart… Quelques études plus récentes ont été réalisées à l’échelle d’un département (Lozère par exemple), mais leur caractère très local ne permet pas d’apprécier l’évolution de l’espèce. Autre problème: la présence des cailles varie fortement d’un territoire à l’autre et d’une année sur l’autre. Elle diffère selon la topographie, les types de cultures et nécessite une analyse fine, commune par commune afin de rendre compte des densités.
(voir carte, Source site ONCFS)

carte prelevements caille France (ONFCS)