Pline l’ancien, L’histoire Naturelle

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Pline l’ancien (23 après JC – 79 après JC) était un écrivain et naturaliste Romain.
Ce dernier est l’auteur d’une gigantesque encyclopédie en 37 volumes intitulée « L’ Histoire Naturelle ».

Pline l’ancien

Pline parle de la caille dans le livre 10, chapitre 33.
On sent ce dernier très influencé par l’histoire naturelle d’Aristote. Il reprend en effet, pour l’essentiel, les affirmations de ce dernier.
Quelques passages différent cependant. Parlant de la migration des cailles, Pline affirme qu’elle peuvent constituer un danger pour les navires.
« Elles n’en viennent pas moins de la même façon sur leurs ailes, non sans danger pour les navigateurs quand elles approchent de la terre, car il arrive à la volée entière de s’abattre sur les voiles (et cela toujours de nuit) et de submerger le bâtiment. »
L’affirmation de Pline concernant des navires coulés par des cailles est bien évidemment extravagante. Elle a cependant une petite part de vérité. De nombreux auteurs attestent que lorsque les cailles sont surprises par un vent contraire alors qu’elles traversent la mer, ou trop épuisées, ces dernières se posent en masse sur des navires.
Plus loin ce dernier écrit également « C’est donc avec l’aquilon qu’elles volent, ayant pour chef l’ortygomètre (La mère des cailles. L’auteur fait allusion au râle des genêts). La première qui approche de terre est enlevée par l’épervier. »
Pline fait allusion à une croyance selon laquelle le premier oiseau en tête de la migration est pris systématiquement par l’épervier, et que pour cette raison, les cailles choisissent pour chef le râle des genêts, qui est réputé prendre la tête de leur migration (ce qu’affirme également Aristote).
Le râle des genêts ne joue aucun rôle dans la migration des cailles, et l’on pourrait se contenter de sourire de cette légende d’oiseaux prédateurs attendant les cailles. Elle comporte cependant une part de vérité.
Un article en date du 17/04/1875 publié dans « le monde illustré » et intitulé « Braconnage sur l’îlot des Freirets » montre comment des braconniers se rendent sur des îlots situés au large de Toulon. https://www.cailledesbles.fr/braconnage_sur_l_ilot_des_freirets2568040/

Les cailles s’abattent en masse sur ces derniers, épuisées par la traversée de la méditerranée. Elle sont alors attaquées par plusieurs faucons venus les attendre. Ces derniers ont pris l’habitude de venir chasser sur l’îlot au moment de la migration des cailles. Les braconniers en profitent alors pour ramasser les cailles par centaines.
Ce texte montre bien que l’arrivée massive d’oiseaux épuisés attire forcément les prédateurs, et il est probable que les pêcheurs grecs et romains aient pu voir eux aussi des scènes de ce type.

Plus loin encore Pline écrit: « Si le vent contrarie la marche de la troupe, ces oiseaux lestent leur vol en prenant des pierres un peu pesantes, ou en se remplissant le gosier de sable. »
Pline part d’une observation réelle: les cailles absorbent de petits cailloux que l’on retrouve dans leur jabot. Partant de ce fait, Pline extrapole et en déduit que si les cailles ont des cailloux dans leur estomac, c’est pour se lester face au vent.
En réalité, les cailles ont l’habitude d’ingérer des petits cailloux, ou grains de sable, (comme beaucoup d’oiseaux granivores) avec leur nourriture, ce qui explique leur présence dans le jabot. Ces cailloux jouent un rôle dans le broyage des graines et leur digestion..
Dans un autre paragraphe il écrit « Les cailles se plaisent surtout à manger la graine d’une plante venimeuse; aussi les a t’on bannies des tables. Ce qui excite aussi contre elles de la répugnance, c’est l’épilepsie à laquelle elles sont seules, avec l’homme, sujettes parmi les animaux. »
Les empoisonnements causés par la consommation de cailles sauvages sont connus sous le nom de coturnisme. Ils consistent en des douleurs musculaires, vomissements, paralysies, le plus souvent temporaires (deux à trois jours), et semblent plus fréquents en Europe de l’ouest lorsque les oiseaux sont capturés au moment de leur arrivée, au printemps. http://www.cailledesbles.fr/le_coturnisme_ou_la_revanche_des_cailles3162291/
Il est probable que des accidents semblables se sont produits dans l’antiquité, ou la consommation de cailles était très courante. Cela explique l’affirmation de Pline quand à un éventuel arrêt de la consommation des cailles par les romains.

Il affirme plus loin (cf 44.4) que les perdrix, mais aussi les cailles mâles, se battent, et que le vaincu sert de femelle au vainqueur. Il précise que les oiseleurs capturent facilement ces oiseaux au moyen d’appelants. Il affirme enfin que les perdrix femelles (et probablement les cailles) seraient fécondées par l’action du vent, ou même de la seule voix du mâle.

L’intégralité de l’ouvrage de « l’histoire Naturelle » de Pline est disponible en ligne.
http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre10.htm

Commentaires

Une réponse à « Pline l’ancien, L’histoire Naturelle »

  1. […] Ces deux épisodes auraient eu lieu à un an d’intervalle, vers la mi avril, au moment ou les cailles migrent vers le nord. Beaucoup d’auteurs ont traduit et interprété le texte ci dessus, en prenant pour hypothèse qu’il décrivait les quantités de cailles tombées sur le sol. Guebwiller, auteur de « la bible déchiffrée », à estimé que les quantités de cailles prélevées par famille (10 homers) supposeraient que 9 millions d’oiseaux aient été abattus. Robert Flament-Hennebique, dans « le Poil de la bête » s’est également livré à cet amusant calcul. Sachant qu’un homer à une contenance de 363 litres et que la population totale des juifs lors de l’exode correspond à deux millions de personnes environ, si l’on suit la bible à la lettre, il parvient à un total de 7 milliards de litres de cailles. Il conclut avec humour qu’à raison de 7 ou 8 cailles au litre, cela correspond à l’ensemble des cailles de la planète. Les deux estimations sont évidemment totalement invraisemblable. Même s’il y a très probablement quelques éléments de vérité dans le récit biblique, ses auteurs avaient sans doute plus à coeur de frapper l’imaginaire des lecteurs que de livrer un récit historique exact. Peut-être faut-il entendre, comme Guebwiller le suggère, que la hauteur de deux coudées n’indique pas les cailles tombées sur le sol, mais plutôt la hauteur à laquelle ces dernières survolaient le camp. Plusieurs autres points du texte semblent en revanche tout à fait plausibles. Le fait que le vent se soit levé au moment de l’arrivée des cailles correspond tout à fait à leur façon naturelle de se déplacer. Les courants aériens aident considérablement les cailles à parcourir de grandes distances pendant leur migration: Le fait de planer à pour effet de réduire considérablement les efforts fournis par les oiseaux pour se maintenir en vol. Il est également fréquent que surprises par un vent contraire, ces dernières s’abattent en masse. Les oiseaux épuisés, et incapable de reprendre leur envol, peuvent alors être facilement capturés à la main. Les vols sont souvent espacés de deux jours, temps de repos nécessaire aux cailles avant de repartir. Ce dernier point recoupe tout à fait le récit biblique qui mentionne la capture de cailles pendant deux journées. Le fait que les hébreux disposent les oiseaux tout autour du camp correspond à la façon égyptienne de préparer les oiseaux. Après avoir vidés et nettoyés ces derniers, ils sont mis à sécher au soleil. Cette coutume égyptienne est rapportée par l’historien grec Hérodote (484-425 avant JC) deux siècles après le récit biblique. On peut s’interroger sur le fléau qui frappe le peuple Hébreu juste après l’ingestion des cailles. http://www.cailledesbles.fr/pline_l_ancien_l_histoire_naturelle2735612/ […]

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